La journée des femmes: pas une journée, une lutte constante
Les femmes, soit la moitié de la population mondiale, continuent de faire face à une discrimination effroyable tant dans les zones urbaines que rurales, qui les amène à souffrir de manière disproportionnée de faim et de malnutrition et qui maintient un déséquilibre mondial fondamental.
Reconnues par tous les traités internationaux de droits humains comme détentrices de droits, les femmes ont droit à l'égalité de rémunération pour un travail égal, à la santé reproductive et sexuelle, d'accéder à la propriété, à l'éducation, à la sécurité sociale et à la participation politique. L'interdépendance des droits humains est telle que toute discrimination enfreignant la jouissance de droits politiques, civiques, économiques, sociaux ou culturels et créant ainsi un déséquilibre dans la vie d'une personne, empêche la réalisation de ces droits, dont le droit de se nourrir soi-même.
En 2017, les femmes n'ont toujours pas accès à un revenu décent, qu'elles soient employées ou indépendantes, ce qui les empêche de pouvoir garantir leur propre accès à une alimentation adéquate quantitativement et qualitativement. Femmes et filles souffrent de malnutrition de manière disproportionnée et n'ont pas accès aux moyens d'y remédier. Concrètement, Comme l'aborde “
Droits des femmes: le droit de nourrir l'égalité”, on ne peut faire l'impasse sur la participation fondamentale des femmes au cycle intégral de production alimentaire. Les femmes cultivent, labourent et récoltent
plus de 50% de l'alimentation mondiale. Elle contribuent de manière significative à la reproduction de la main-d’œuvre dans le secteur alimentaire en participant aux activités de pré-récolte et de post-récolte, en préservant et en transférant les savoirs traditionnels au sein de leurs communautés et en assumant en outre la responsabilité de s'occuper de leurs proches et de les soigner, dans les zones urbaines comme rurales. Or, moins de 2 % des terres des zones rurales appartiennent à des femmes et elles sont écartées des postes décisionnels en lien avec la gestion et le contrôle des ressources naturelles, fondamentaux de la production alimentaire.
Force est de constater que lois et politiques maintiennent les femmes dans une condition de sexe faible, notamment en leur qualité de productrices d'alimentation, et négligent les obstacles spécifiques qui les empêchent d'accéder à l'alimentation et à la nutrition de façon adéquate durant tout leur cycle de vie. De tous temps, elles ont du lutter contre la soumission, le mépris de leurs réalités particulières et de leur condition dans la société.
Une mobilisation systématique s'impose d'urgence
La Journée Internationale des luttes des femmes ne peut être abordée sous le prisme d'une journée, d'un moment de célébration ou de critique ponctuelles, mais bien comme l'occasion d'une réflexion plus profonde sur une lutte continue. La crise politique que le monde traverse aujourd'hui, qui menace non seulement l'avancement des droits des femmes mais aussi les progrès déjà engrangés, appelle de toute urgence à une mobilisation des peuples.
Tout effort visant à faire progresser l'humanité vers un ordre social plus juste doit prendre en compte les différents types de relations que les femmes entretiennent avec le monde et avec leur environnement, leur statut dans les sphères publique et privée de la société et les droits fondamentaux qui les protègent. Sans cela, le progrès ne sera pas.
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