English Version | Ver en español

Violations des droits humains en Honduras: banque publique allemande retire financement

Heidelberg, 12 avril 2011 – La Banque publique pour le développement DEG (Deutsche Entwicklungsgesellschaft), qui a son siège à Cologne en Allemagne, a informé hier dans un communiqué adressé au secrétariat international de FIAN qu’après avoir analysé en profondeur la situation du conflit agraire dans le Bajo Aguán, Honduras, la Banque a pris la décision de ne plus poursuivre sa relation contractuelle avec la société Dinant en Honduras.

La DEG déclare que, par conséquent, elle ne versera pas le prêt promis antérieurement à cette société. En 2010, le propriétaire de la société Dinant, Miguel Facussé, avait indiqué dans une interview publiée dans la presse nationale que le soutien de la DEG était à hauteur de 20 millions de dollars américains.

Peu avant cette décision, FIAN International avait présenté à la DEG le « Rapport préliminaire de la Mission internationale » qui s’est déroulée entre le 25 février et le 3 mars 2011 et au cours de laquelle FIAN International a enquêté sur les violations des droits humains dans le Bajo Aguán, sur le littoral atlantique du Honduras. Cette mission a été rendue possible grâce aux efforts communs des réseaux internationaux APRODEV, CIFCA, FIAN International, FIDH, Rel-UITA et Vía Campesina ainsi qu’au soutien des organisations nationales de droits humains CDM, CIPRODEH, Comisión de Verdad et FIAN Honduras. Le rapport préliminaire de la mission également a été remis le 25 mars 2011 au Rapporteur pour le Honduras de la Commission Interaméricaine des droits de l’homme à Washington.

Compte tenu des graves violations des droits humains qui ont été documentées dans ce rapport et des preuves réunies concernant l’implication des services de sécurité privés employés par les entreprises de Miguel Facussé dans les abus des droits humains, en particulier dans plusieurs assassinats de paysans dans le Bajo Aguán, FIAN avait demandé à la DEG de réviser sa relation contractuelle avec ces entreprises, spécialement la société Dinant, et de suspendre sa coopération financière avec elles.

FIAN salue l’importante décision prise par la DEG car elle répond aux recommandations faites par la Mission internationale: « Nous demandons que, dans le cas particulier de Bajo Aguán, la coopération bilatérale et les banques multilatérales révisent tous leurs accords de coopération financière avec les forces de sécurité publique et les entreprises privées qui sont prétendument impliquées dans des actes de violence, de harcèlement et de violations des droits humains dans la région. »

Martin Wolpold-Bosien, Coordinateur pour l’Amérique centrale, considère que la décision de la DEG est un événement très important : « FIAN se réjouit de cette décision car elle peut avoir un effet bénéfique dans la prévention des violations des droits humains à l’encontre des communautés paysannes de Bajo Aguán. Elle donne le signal aux acteurs qui génèrent la répression qu’un tel comportement a des répercussions financières. » «De plus», poursuit M. Wolpold-Bosien, « cette décision renforce les demandes similaires qui ont été présentées à d’autres agences de coopération qui continuent à financer les entreprises dénoncées, telles que la Société financière internationale de la Banque mondiale, la Banque interaméricaine pour le développement et le gouvernement britannique dans le cadre du Mécanisme de développement propre. »

Voir la campagne de lettres de Salva la Selva au gouvernement britannique

Voir des photos sur Bajo Aguán de Giorgio Trucchi

Voir le Rapport préliminaire de la Mission internationale: