FIAN International lance son Rapport annuel 2025 : Accompagner les communautés du monde entier qui résistent à la faim, aux inégalités et au contrôle des entreprises

Le Rapport annuel 2025 de FIAN International est désormais disponible !

FIAN International présente son Rapport annuel 2025, qui met en lumière la manière dont des communautés du monde entier défendent le droit à l’alimentation face à l’aggravation des inégalités, à la crise climatique, à la concentration du pouvoir des entreprises, aux conflits et au rétrécissement des espaces démocratiques.

Notre rapport souligne que les systèmes alimentaires sont devenus des terrains centraux de lutte pour la justice et la démocratie. À travers différentes initiatives, FIAN et ses partenaires ont dénoncé la manière dont le pouvoir concentré des entreprises façonne les marchés et fragilise les moyens de subsistance, tandis que le plaidoyer mené auprès du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), de la FAO et des espaces internationaux des droits humains a soutenu des formes de gouvernance alimentaire plus démocratiques et fondées sur les droits humains.

L’un des principaux axes du rapport concerne la concentration croissante des terres et des ressources naturelles. La publication phare de FIAN, Lords of the Land, montre comment les dix plus grands propriétaires fonciers transnationaux contrôlent une superficie comparable à celle du Japon, mettant en évidence les liens entre accaparement des terres, destruction de l’environnement et inégalités. Le rapport a contribué aux débats mondiaux sur la réforme agraire et la justice redistributive avant l’ICARRD+20.

Notre Rapport annuel met également en avant des approches féministes et décoloniales de la souveraineté alimentaire. En Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, FIAN a soutenu des processus de formation politique féministe et d’organisation collective de femmes rurales et autochtones, renforçant le leadership, la participation et l’action fondée sur les droits dans des contextes marqués par les conflits, le patriarcat et l’extractivisme.

Un autre thème central est la défense des droits des peuples pêcheurs. En collaboration avec des mouvements mondiaux de pêcheurs, FIAN a amplifié les voix des communautés dans les espaces internationaux de politiques publiques et documenté la manière dont le changement climatique, l’aquaculture industrielle et la soi-disant « Économie bleue » menacent les moyens de subsistance côtiers et les systèmes alimentaires.

Les chapitres régionaux mettent en lumière des luttes et des avancées concrètes à travers le monde. En Afrique, FIAN Burkina Faso et ses alliés de la société civile ont obtenu l’arrêt du controversé projet Target Malaria après près de dix années de plaidoyer, tandis que FIAN Ouganda a poursuivi son soutien aux communautés de pêcheurs dans leur lutte pour une gouvernance de la pêche plus juste.

En Asie, FIAN Indonésie a documenté les impacts néfastes de politiques alimentaires et foncières imposées de manière verticale, notamment les défaillances du programme gouvernemental de repas scolaires et les processus de dépossession des terres liés au programme Food Estate. Au Sri Lanka, FIAN a travaillé aux côtés des vendeurs et vendeuses de rue — en particulier des femmes — afin de renforcer leur reconnaissance juridique, améliorer leur protection et défendre leurs moyens de subsistance face aux expulsions forcées.

En Europe, les sections de FIAN en Allemagne, en Belgique, en Autriche et en Suisse ont contribué à renforcer la dynamique autour d’une Initiative citoyenne européenne sur le droit à l’alimentation, promu des politiques d’agroécologie et de justice alimentaire, et soutenu des actions juridiques et de plaidoyer reliant justice climatique, justice intergénérationnelle et responsabilité des entreprises.

En Amérique latine, FIAN a accompagné des luttes emblématiques pour la terre, les territoires autochtones et la souveraineté alimentaire. Cela inclut des victoires juridiques pour les droits fonciers paysans en Colombie et en Équateur, le soutien aux communautés de pêche artisanale au Honduras, ainsi que le plaidoyer en faveur de la démarcation des territoires autochtones et de politiques d’alimentation scolaire culturellement adaptées au Brésil.

Le rapport souligne également le travail continu de FIAN pour renforcer l’agroécologie comme voie vers des transitions justes, soutenir les défenseur·es des droits humains confronté·es à la criminalisation et à la violence, et faire avancer un traité contraignant des Nations unies sur les sociétés transnationales et les droits humains.

« Dans un monde marqué par l’aggravation des injustices, les communautés continuent de résister, de s’organiser et de reconstruire », affirme le rapport. « Se tenir aux côtés de ces mouvements est essentiel pour construire des systèmes alimentaires justes, durables et démocratiques pour toutes et tous. »

Le Rapport annuel 2025 de FIAN International est disponible ici

Le CIP publie son document de position sur la réforme agraire avant la CIRADR+20

Vingt ans après la première CIRADR, la terre, l’eau, les forêts et les océans sont de plus en plus concentrés entre les mains de corporations et d’acteurs financiers, alimentant la dépossession, les inégalités et l’effondrement écologique. Les paysan·nes, peuples autochtones, pasteur·es, pêcheur·euses artisanaux, femmes rurales et travailleur·euses restent exclu·es de leurs territoires et des espaces décisionnels.

Le CIP appelle les gouvernements à dépasser les engagements volontaires et à adopter des mesures contraignantes et mesurables garantissant une réforme agraire redistributive, un accès équitable aux ressources naturelles, une gouvernance démocratique et un développement rural agroécologique. Sans droits collectifs sécurisés sur la terre et les territoires, il ne peut y avoir ni souveraineté alimentaire, ni transition juste, ni paix durable. À la CIRADR+20, le CIP porte une vision politique claire pour reconquérir la terre et la dignité dans le monde entier.

Télécharger le document de position ici

3e Forum Nyéléni : Construire la solidarité mondiale pour une transformation systémique

Du 6 au 13 septembre 2025, la ville de Kandy au Sri Lanka a accueilli le 3e Forum Global Nyéléni. Des petit·es producteur·rices alimentaires, des consommateur·rices, des peuples autochtones, des syndicats, des défenseurs des droits humains, des défenseurs de la justice climatique et sanitaire, des communautés urbaines défavorisées, des groupes de femmes et de diversité de genres, des acteur·rices de l’économie sociale et solidaire, des universitaires, des artistes et d’autres représentant·es de mouvements de la base et d’organisations de la société civile se sont réuni·es à l’Institut national de développement coopératif (NICD). Ensemble, ils ont élaboré un Agenda Commun d’Action Politique (ACAP) pour une transformation systémique vers la justice économique, sociale, de genre, raciale et environnementale.

Au fil des années, le processus Nyéléni a permis la construction de mouvements collectifs, offrant un espace où les mouvements de la base partagent leurs luttes, analysent les tendances et travaillent ensemble vers des solutions communes. Fort de l’héritage des deux premiers forums Nyéléni, tous deux organisés au Mali, ce troisième forum a élargi sa portée en s’alliant aux mouvements pour la justice climatique, la santé des peuples et l’économie sociale et solidaire.

Reflet de sa diversité, le forum a réuni des participant·es de toutes les régions du monde, avec une équipe de 73 interprètes bénévoles organisée par le collectif COATI, travaillant sans relâche pour garantir la justice linguistique et l’interprétation dans 18 langues officielles.

Plus que tout, le forum a réaffirmé que la souveraineté alimentaire était indissociable de la solidarité mondiale. De la Palestine au Congo, d’Haïti au Soudan et au-delà, les participant·es ont exprimé leur volonté de se dresser contre l’oppression sous toutes ses formes et de bâtir un monde ancré dans la dignité, la justice et le soin. La solidarité avec la Palestine et tous les peuples confrontés à l’occupation, à la guerre et à la dépossession est apparue comme une responsabilité partagée et un reflet de la vision collective de justice du mouvement.

Le forum s’est conclu par la publication la Déclaration de Kandy et la promesse d’un ACAP enrichi. Ces deux textes doivent servir de boussole politique guidant les actions et la vision des mouvements mondiaux œuvrant pour la souveraineté alimentaire et la justice.

Cette édition du bulletin Nyéléni partage quelques-uns des temps forts du forum, d’après les points de vue de plusieurs participant·es. Pour citer la Déclaration de Kandy : « Dans toute la richesse de nos diversités — pour renforcer nos luttes — nous élevons nos voix ensemble et proclamons : Transformation systémique — maintenant et pour toujours ! »

Comité international de planification (CIP) pour la souveraineté alimentaire, Transnational Institut(TNI)    

Illustration: Fresque réalisée par le collectif Fearless Collective lors du 3ᵉ Forum Nyéléni à Kandy, au Sri Lanka. 

Cliquez ici pour télécharger l’édition française (pdf) ou lisez le bulletin directement sur le site.

Pour toute information complémentaire merci de contacter info@nyeleni.org – www.nyeleni.org
Faites circuler ce bulletin!   

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU nomme les membres du nouveau Groupe de travail sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales

En octobre 2023, lors de sa 54e session, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté la résolution 54/11, établissant un nouveau Groupe de travail sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, composé de cinq expert·es issus des cinq régions de l’ONU. Le processus de sélection de ces expert·es s’est déroulé de mi-octobre à début décembre 2023.

Le 5 avril 2024, lors de sa 55e session, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a officiellement nommé les cinq expert·es (choisis parmi 48 candidat·es) :

  • Mme Uche Ewelukwa OFODILE (Nigeria) pour les États africains.
  • Mme Shalmali GUTTAL (Inde) pour les États de la région Asie-Pacifique.
  • M. Davit HAKOBYAN (Arménie) pour les États d’Europe de l’Est.
  • M. Carlos DUARTE (Colombie) pour les États d’Amérique latine et des Caraïbes.
  • Mme Geneviève SAVIGNY (France) pour les États d’Europe occidentale et autres États.

L’imminente initiation des activités du Groupe de travail marque une étape significative dans la promotion de la mise en œuvre des droits consacrés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Cette réalisation revêt une importance particulière pour les organisations rurales qui militent pour leurs droits, notamment les petit·es agriculteur·rices, les femmes rurales, les éleveur·euses, les pêcheur·euses artisanaux·ales, les travailleur·euses agricoles sans terre, les pastoralistes, les travailleur·euses ruraux·ales, les nomades et les peuples autochtones.

Les communautés rurales ont subi de longues injustices concernant la protection des droits et l’accès aux systèmes de sécurité sociale, aggravées par la domination du secteur agroalimentaire dans les systèmes alimentaires industriels. Cette domination les expose non seulement à une vulnérabilité accrue à l’exploitation et à la répression, mais elle entrave également leurs droits fondamentaux, notamment leur droit à la terre, aux semences, à la souveraineté alimentaire, à la biodiversité, aux moyens de production, nécessaires pour avancer vers l’autonomie dans un travail digne. En outre, la création du groupe de travail souligne l’engagement des États à sauvegarder les droits des personnes et des communautés rurales.

Le nouveau groupe de travail est très prometteur pour la promotion et la mise en œuvre des droits des communautés rurales, en apportant un soutien crucial à leurs initiatives visant à réaliser ces droits. De plus, il jouera un rôle pivot pour les États, en leur offrant une coopération technique, en partageant des exemples de bonnes pratiques et en fournissant des recommandations concrètes sur les meilleures façons de rendre leurs actions et cadres juridiques nationaux conformes aux principes et dispositions de l’UNDROP. Depuis l’adoption de la Déclaration par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018, certains États ont progressé dans la mise en œuvre de l’UNDROP au niveau national. Cependant, il y a eu un manque de suivi institutionnel de sa mise en œuvre au niveau international. De plus, les causes structurelles qui ont conduit à l’adoption de l’UNDROP, y compris diverses formes de discrimination, des violations systématiques des droits humains et des désavantages historiques, persistent sans attention adéquate. Face à ces défis, le Groupe de travail sera un acteur clé pour faciliter la mise en œuvre de l’UNDROP. Il identifiera et promouvra les meilleures pratiques et les leçons apprises, favorisera la collaboration entre les autorités des États, les titulaires de droits et les expert·es de l’ONU, et fournira un soutien technique pour renforcer les capacités. Ainsi, le Groupe de travail vise à accroître la visibilité internationale de l’UNDROP et à aborder les problèmes sous-jacents qui entravent la réalisation des droits des communautés rurales.

Quels sont les défis auxquels le groupe de travail est confronté ?

La principale difficulté à laquelle le Groupe de travail (GT) est confronté concerne les contraintes financières, avec des fonds limités disponibles pour soutenir adéquatement ses opérations.

En plus des défis financiers, il existe également des obstacles opérationnels liés à l’engagement et à la participation des organisations paysannes et rurales. Ces organisations, en collaboration avec leurs allié·es, doivent s’approprier le nouveau mécanisme, reconnaître son utilité, le diffuser au sein de leurs réseaux respectifs, être en mesure d’expliquer la procédure et développer des stratégies pour l’utiliser et y contribuer. Cela nécessite des ressources, du renforcement des capacités et des efforts de coordination.

En outre, il peut y avoir des défis liés à la visibilité, car les organisations paysannes et rurales doivent être préparées à contribuer activement aux efforts du groupe de travail. Cela inclut des tâches telles que la soumission de rapports et de plaintes sur les violations et l’engagement avec les autorités nationales respectives dans les espaces prévus à cet effet.

Cette implication peut contribuer à accroître la visibilité des paysan·nes, qui sont souvent marginalisé·es dans la société, renforcer leur dignité et favoriser davantage leur participation à la gouvernance locale, nationale et internationale.

Téléchargez la fiche d’information sur le Groupe de travail UNDROP pour en savoir plus sur son mandat.

Par La Via Campesina, Fian International, CETIM

Cet article a été initialement publié sur le site web de La Via Campesina le 8 avril 2024, qui peut être consultéí ici.

Victoire ! Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies adopte une résolution visant à faire progresser les droits des paysan·ne·s dans le monde entier

Lors de sa 54e session, une majorité impressionnante d’États membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies a franchi une étape historique en votant en faveur d’une résolution visant à poursuivre la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan·ne·s et des toutes personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Cette décision importante ouvre la voie à la création d’un groupe de travail des Nations unies axé sur la mise en œuvre effective de la déclaration (UNDROP). Composé de cinq expert·e·s independent·e·s avec une représentation géographique équilibrée, ce groupe aura un mandat de trois ans.

Le vote final d’aujourd’hui reflète un effort mondial inlassable pour promouvoir et défendre les droits des paysan·ne·s, des travailleur·euse·s agricoles, des pêcheur·euse·s, des éleveur·euse·s, des personnes dépendantes des forêts, des nomades, des peuples autochtones, des femmes rurales et d’autres communautés rurales. Avec un soutien massif, dont 38 votes en faveur, 2 contre et 7 abstentions, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a ouvert un nouveau chapitre prometteur dans la lutte pour les droits des paysan·ne·s et des autres communautés rurales du monde entier.

Notamment, ce développement a reçu un soutien substantiel de la plupart des pays représentant tous les continents qui ont montré par leur vote que l’UNDROP est un instrument clé pour répondre aux multiples crises auxquelles sont confronté·e·s les paysan·ne·s et les travailleur·euse·s ruraux·les dans le monde d’aujourd’hui.

Morgan Ody, Coordinatrice Générale de La Via Campesina, a exprimé sa gratitude envers l’État plurinational de Bolivie pour son rôle de premier plan dans la conduite de cette résolution jusqu’à son adoption. “En tant que mouvement mondial des paysan·ne·s, nous restons engagé·e·s à travailler en étroite collaboration avec les États, les organes et mécanismes de l’ONU, ainsi que la société civile, pour garantir que nous apportions un changement positif par la promotion et la protection de nos droits”, a déclaré Morgan.

La création d’une procédure spéciale de l’ONU, représentée par le Groupe de travail de l’ONU, constitue une étape cruciale dans le renforcement de l’importance l’UNDROP.  Ce Groupe de travail jouera un rôle essentiel en facilitant la mise en œuvre d’UNDROP, en identifiant et en promouvant les meilleures pratiques et les leçons apprises, et en favorisant la collaboration et le renforcement des capacités techniques dans la poursuite de ces objectifs. Zainal Arifin Fuat a souligné l’importance de cette évolution en déclarant : “Il est grand temps que l’UNDROP soit promue sur la scène internationale. Ce groupe de travail de l’ONU jouera un rôle central dans la réalisation de nos objectifs”.

Pour La Via Campesina et ses alliés, le CETIM et FIAN International, les travaux du groupe de travail de l’ONU sur l’UNDROP représentent une étape cruciale dans la réforme des systèmes existants. Ce changement vise à passer de modèles destructeurs, axés sur le profit, à des systèmes centrés sur l’être humain et en harmonie avec la Terre mère. L’UNDROP est un instrument important qui pose les fondements sur lesquels construire de meilleures politiques publiques pour la souveraineté alimentaire, l’agroécologie, la justice climatique et la réforme agraire, et pour se protéger contre la criminalisation de nos luttes. Cet effort collectif vise à construire des sociétés meilleures et socialement justes, en se concentrant sur le bien-être et la dignité de tous, en particulier ceux qui vivent dans les zones rurales et agricoles.

Globalisons la lutte, Globalisons l’espoir!

 

Lancement du nouveau site web sur la Déclaration de l’ONU sur les droits des paysan·ne·s et autres personnes travaillant dans les zones rurales

Pour le 4è anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (DDP), La Via Campesina, Fian, Cetim et l'Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève sont très heureux de lancer leur site internet commun dédié à la DDP : Défendre les droits des paysan-ne-s, Plateforme des luttes rurales en action ! 
 
Le 12 décembre, nous avons lancé la version « bêta » de notre nouveau site web. Au cours des prochaines semaines, nous continuerons à publier de nouvelles ressources.  Veuillez noter que nous travaillons en plusieurs langues, si vous voyez des erreurs de vocabulaire ou de grammaire n'hésitez pas à nous les signaler. Si vous avez des suggestions ou des réactions, n'hésitez pas à nous contacter – l'équipe de rédaction est toujours ouverte aux commentaires. 
 
Le 17 décembre 2018, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (DDP). Cette adoption est venue couronner 17 ans de travail du mouvement international des paysan.ne.s La Via Campesina (LVC). Ce travail a été fait en collaboration avec d'autres mouvements ruraux et organisations de la société civile et avec le soutien de partenaires, en particulier le CETIM, FIAN International et l'Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève.
 
Faisons vivre la Déclaration ! 
Maintenant que la déclaration a été adoptée, il est temps d'intensifier la lutte pour sa mise en œuvre dans le monde entier. Nous, La Via Campesina et ses alliés, considérons que c’est grâce au partage de savoirs et d’expériences que les mouvements défendant les droits des paysan·ne·s feront vivre la DDP. C’est pourquoi nous avons construit ensemble ce site internet afin qu’il serve de plateforme de partage et d’échange. 
 
 
Un outil pour et par tou·te·s 
Ce site s’adresse à tous les publics, familiers ou non avec la DDP. Toute personne ou collectif souhaitant œuvrer à la réalisation des droits des paysan.ne.s pourra y trouver une source d’inspiration. Sur ce site, vous trouverez :  l'histoire du processus pour la Déclaration ; des lois et politiques en relation avec la DDP à tous les niveaux, y compris de la jurisprudence ; des exemples de stratégies pour obtenir l’application de la DDP et des publications et supports de formation sur la DDP. 
 
Ce site évoluera et s’étoffera grâce aux contributions de toutes les personnes qui souhaitent s’engager. Toutes les idées, propositions et exemples de pratiques, luttes, réussites et même échecs sont les bienvenus. N’hésitez pas à prendre contact avec nous si vous souhaitez contribuer au site.
 
Nous nous efforcerons de toujours faire de ce site un lieu de connaissance et de rencontre, où les personnes luttant pour les droits des paysan·ne·s et des travailleur·se·s ruraux·les trouveront à la fois des idées et des alliés. 
 
Pour visiter notre site, rendez-vous sur defendingpeasantrights.org
 
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Ce site existe grâce au soutien de : la Fondation Rosa Luxemburg, HEKS/EPER et Action de Carême. 

Un livret d’éducation populaire pour faire avancer les droits des paysan·nes

Le 17 décembre 2021, nous fêtons le troisième anniversaire de la reconnaissance internationale des droits humains des paysan·nes et autres personnes vivant en milieu rural. Le 17 décembre 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

La situation actuelle est certainement peu réjouissante. Les grosses entreprises continuent de bafouer les droits des paysan·nes et des autres personnes vivant en milieu rural et de criminaliser toute forme de défense et de protection de ces droits.

En l’espace d’un an, les multinationales de l’agrobusiness ont frayé un chemin considérable à leurs fausses solutions et à leurs réformes big tech dans le domaine de l’agriculture, malgré l’aggravation de la pandémie de COVID et de la crise climatique.

Main dans la main avec le Secrétaire général des Nations Unies, le Forum économique mondial et la méga-philanthropie, le secteur privé a soutenu des récits commerciaux par le biais de processus pas si inclusifs, et qui ont culminé lors du Sommet sur les systèmes alimentaires (UNFSS) en septembre.

Les résultats du Sommet tentent de façonner les récits et les politiques internationales quant à la réponse à donner aux multiples crises menaçant l’humanité et la Terre Mère.

Récemment, de nombreux partenariats publics-privés, ayant été annoncés à la COP26, ont promis d’accélérer l’innovation agricole, financée par les multinationales de l’agrobusiness, elles-mêmes responsables de la néfaste révolution verte et du nouveau cadre narratif “d’agriculture intelligente face au climat”.

De bien des façons, le “modèle” des prochains systèmes alimentaires high tech et numérisés que les grosses entreprises ont mijoté à Davos au fil des années, est devenu réalité à l’UNFSS. Nous assisterons à une concentration encore plus forte des ressources, des chaines de production et des infrastructures aux mains de quelques multinationales. 

Les espaces démocratiques de gouvernance diminueront encore davantage, et les violations des droits des paysan·nes et travailleur·euses vont encore s’aggraver.

Toutefois, nous avons un outil fantastique pour nous protéger contre les intentions des multinationales, motivées par le profit, et pour dompter la vague du néolibéralisme : la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·nes.

A l’occasion de l’anniversaire de l’UNDROP cette année, nous lançons un outil pratique pour amorcer un changement et reprendre nos pouvoirs. La brochure d’initiation sur l’UNDROP est la première d’une série de cinq, intégrant la boite à outils de matériels d’éducation populaire.

Il s’agit d’une étape cruciale pour retisser les liens entre l’UNDROP et celles et ceux qui en ont inspiré la création et ayant œuvré à son développement, mais dont les droits à une vie et à des moyens de subsistance dignes, tels qu’entérinés dans la Déclaration, doivent encore être réalisés. C’est une boite à outils pour nous aider à bien utiliser l’UNDROP dans nos luttes pour affirmer et faire avancer nos droits individuels et collectifs.

Ainsi, le but de cette boite à outils est de contribuer à une meilleure prise de conscience, à une compréhension plus approfondie et à un renforcement des capacités (par la formation) des mouvements paysans.

Nous devrions utiliser cette brochure comme un outil fondateur pour assurer le respect, la mise en œuvre et la promotion de l’UNDROP, à tous les niveaux, du local à l’international, des coutumes communautaires aux mécanismes de prises de décisions politiques.

Cette boite à outils d’éducation populaire est sensible aux contextes et autonomisera les paysan·nes pour améliorer leurs moyens de subsistance en milieu rural, renforcer la souveraineté alimentaire et l’agroécologie, consolider la lutte contre le changement climatique, réaliser les droits des paysan·nes à conserver, utiliser, échanger et vendre leurs semences, et agir contre l’accaparement des terres.

En somme, utiliser cette boite à outils donnera naissance à l’UNDROP, et fera de la Déclaration un outil efficace pour nos luttes.

Il est crucial que l’UNDROP soit intégrée dans les luttes quotidiennes des travailleur·euses, des détenteur·rices des droits, des paysan·nes ou de toute autre personne vivant ou travaillant en milieu rural.

Cela demande de comprendre comment les droits sont bafoués et quelles actions peuvent être menées pour revendiquer ces droits. Pour y parvenir, le Livret d’initiation et les quatre Livrets thématiques qui suivront se sont concentrés sur les articles spécifiques adoptés dans le cadre de l’UNDROP pour que la disposition légale devienne une réalité bien vivante pour des millions de familles rurales.

Pour qu’il y ait une vraie mise en œuvre des droits, tou·tes les paysan·nes doivent comprendre leurs droits. C’est pourquoi ces brochures sont une partie intégrante d’une campagne d’éducation populaire cruciale.

Pour La Via Campesina, l’adoption de cette Déclaration par les Nations Unies en décembre 2018 était la seule bataille à moitié remportée. Ce qui est crucial maintenant, c’est que l’UNDROP soit pleinement mise en œuvre conformément à sa lettre et à son esprit dans le monde entier.

L’UNDROP et FIAN International, peut aider à vaincre la discrimination et la violence structurelles, et à promouvoir nos modes de vie ruraux en réponse aux crises politiques, économiques, sociales et écologiques.

Mobilisons-nous avec cette boite à outils pour mettre en œuvre notre UNDROP!

Globalisons la lutte, globalisons l’espoir!

Télécharger la brochure ici: https://viacampesina.org/fr/outils-deducation-populaire-declaration-des-nations-unies-sur-les-droits-des-paysan%c2%b7nes-undrop/

 

Notes d’information sur les droits des paysannnes et paysans

Ces notes d’information examinent de près les droits, les principes et les obligations des États adoptés dans l'UNDROP par l'Assemblée générale des Nations Unies le 17 décembre 2018.
 

1.     Les droits des femmes rurales
Comment les droits des femmes rurales dans les zones rurales sont-ils désormais renforcés par l'UNDROP ?

2.     Les droits à la biodiversité et aux semences
Pourquoi la biodiversité et les semences sont-elles essentielles pour les paysan?ne?s et les autres personnes vivant en milieu rural, et comment devraient-elles être protégées au niveau international ? 

3.     Les droits à l'eau et à l'assainissement
L'eau joue un rôle essentiel dans la vie des paysan?ne?s et des populations rurales. Comment ces droits sont-ils définis et comment l'accès à l’eau doit-il être assuré ?

4.     Droit à une alimentation et une nutrition adéquates, et droit à la souveraineté alimentaire
Comment le droit à l'alimentation et le droit à la souveraineté alimentaire sont-ils reconnus par l'UNDROP ?

5.     Justice environnementale et climatique
La destruction de l'environnement et le changement climatique menacent les droits humains des paysan?ne?s et des autres personnes travaillant dans les zones rurales à travers le monde. Comment l'UNDROP contribue-t-elle à la réalisation de la justice environnementale et climatique ?

6.  Agroécologie
L'agroécologie promeut un ensemble de pratiques agricoles qui sont écologiquement durables et socialement justes. Comment l'UNDROP contribue-t-elle à promouvoir l'agroécologie ?

7.  Combler les lacunes dans la protection des droits humains d'un monde rural diversifié
Les personnes vivant dans les campagnes sont diverses. Si leurs identités sont dynamiques et fluides, elles sont confrontées à des défis systémiques similaires pour la réalisation de leurs droits humains. Comment une interprétation complémentaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) et de l'UNDROP peut-elle contribuer à faire progresser les droits du monde rural ?

8.  Le droit à la terre et aux autres ressources naturelles

La terre est un bien commun. L'accès, le contrôle, la gestion et l'utilisation des terres sont essentiels pour que les communautés rurales puissent mener une vie digne. Comment le droit humain à la terre est-il reconnu par l'UNDROP ?

Souveraineté Alimentaire en temps de pandémie

Au moment où l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a déclaré le 30 janvier 2020 que le COVID19 était une urgence de santé publique au niveau international, personne ne s’imaginait l’amplitude des dommages que ferait cette maladie à travers le monde et combien de temps cela durerait. Au vu du parcours mortel que créait le COVID de pays en pays, il est devenu évident que les actions ou inactions gouvernementales tout comme le contexte politique, économique et social, étaient autant responsables que le virus, des impacts causés. 
 
La pandémie du COVID-19 est loin de faiblir : les infections continuent de surgir dans de nombreux pays avec l’émergence de nouveaux variants plus contagieux du SARS-COV-2 virus. Les vaccins tant attendus ont commencé circuler mais pourraient bien être hors d’atteinte pour la majorité du monde pendant des mois ou même des années suite à une sorte d’”apartheid vaccinale”. Malgré la disponibilité limitée des vaccins -vu le temps nécessaire à la production et au testing-, beaucoup de pays riches ont acheté des stocks de vaccins suffisants pour immuniser leur population au moins deux fois; et ils soutiennent le contrôle de monopole des compagnies pharmaceutiques sur les vaccins via les droits de propriété intellectuelle légalement applicables dans l’Organisation Mondiale du Commerce .

Cette édition du Bulletin Nyéléni présente des extraits de documents et de recherches menées par des praticiens et des défenseurs de la souveraineté alimentaire, et en particulier, Faire Entendre les Voix du Terrain: de la pandémie COVID-19 à une transformation radicale de nos systèmes alimentaires, préparés par la Civil Society and Indigenous Peoples Mechanism to Committee on World Food Security. Les liens vers les rapports et les documents sont joints aux extraits.

Cliquez ici pour télécharger l'édition française.

Pas de terre, pas d’alimentation, pas de vie

À la suite de mesures agressives à l’encontre des peuples autochtones du Brésil, le gouvernement brésilien a décidé de suspendre la livraison de denrées de base à de nombreuses communautés Guarani et Kaiowá dans l'État du Mato Grosso do Sul. Selon le gouvernement, la FUNAI – l’organe responsable de la protection des communautés autochtones du pays – ne devrait pas fournir de nourriture aux personnes « envahissant illégalement » les terres. La vérité est que le gouvernement n’a pas délimité et homologué les territoires autochtones occupés par les Guarani et les Kaiowá, qui est une obligation constitutionnelle de l'État brésilien. Cela a généré un cercle vicieux : sans accès à leurs territoires et au processus du démarcation, les Guarani et les Kaiowá vivent sur des terres en conflit permanent et ne peuvent tout simplement pas produire leur propre nourriture. Comme il n'y a pas de régularisation de leurs droits fonciers, l’accès aux programmes d’aide alimentaire est constamment compromis.

Les denrées de base sur une corde raide

En 2013, FIAN International et FIAN Brésil, avec le soutien du CIMI et d’Aty Guasu – l’Assemblée politique des Guarani et Kaiowá – ont mené une enquête socio-économique et nutritionnelle dans trois communautés emblématiques des Guarani et Kaiowá, à savoir Guaiviry, Ypo'i et Kurusu Ambá. Les résultats ont démontré une violation manifeste du droit humain des communautés à une alimentation et à une nutrition adéquates. Dans les trois communautés, tous les ménages étaient en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle – touchant également les enfants – au moment de l’enquête. Cette situation s’est aggravée depuis lors, étant donné qu’aucun autre territoire n'a été délimité et homologué par le gouvernement.

En 2017 et 2018, des plaintes ont déjà été déposées concernant la réduction et la suspension des denrées de base fournies aux Guarani et aux Kaiowá. Le bureau de FIAN International au Brésil a également contacté les organes responsables et demandé les mesures nécessaires, afin que la distribution des denrées de base puisse reprendre dès que possible, afin d’éviter une nouvelle aggravation de la situation. Pendant certaines périodes, la livraison a été normalisée, mais toujours sous la menace d’une suspension.

Lors de récentes visites sur le terrain, des représentants autochtones des Guarani et des Kaiowá ont signalé des difficultés d’accès physique et financier à la nourriture, en particulier à une nourriture adéquate. Outre le manque de revenus, les terres qu’ils occupent légitimement sont insuffisantes pour l’agriculture. Dans les cas où il y a suffisamment de terres, l’utilisation extensive de produits agrochimiques et de pesticides dans les monocultures les empêche de cultiver des aliments à leur manière traditionnelle. En outre, les communautés Guarani et Kaiowá sont la cible de grands propriétaires terriens et de leurs milices – qui agissent avec le soutien de la police. Dans de nombreux cas, cela conduit à l’assassinat, ainsi qu'à la criminalisation et à l'emprisonnement arbitraire des dirigeants autochtones.

 

Une sorte de génocide lent

La décision du gouvernement brésilien de suspendre la livraison de denrées de base aux peuples autochtones Guarani et Kaiowá viole plusieurs normes nationales et internationales relatives aux droits humains. Les autorités et les représentants des communautés autochtones ont discuté des stratégies visant à la réalisation du droit à une alimentation adéquate dans la région. Pourtant, il y a eu une régression au lieu d’une progression.

« Au lieu de résoudre le problème en délimitant notre territoire, le gouvernement nous menace d’expulsion, ainsi que de suspension des denrées de base, de l'aide sociale et de tout ce qui est possible. C’est inhumain ce qu’ils nous font, nous avons besoin de la terre et nous en dépendons, nous devons nous nourrir pour survivre »,a déclaré le chef Guarani et Kaiowá Elizeu.

Comme illustré dans des entretiens exclusifs avec Elizeu ainsi que d’autres dirigeant-e-s et représentant-e-s Guarani et Kaiowá du Mato Grosso do Sul dans le cadre de l’initiative Tekoha est la Vie, les communautés vivent dans des circonstances déplorables.
 
De concert avec l’organe représentatif des Guarani et des Kaiowá, l’Aty Guasu, FIAN International a déposé des plaintes auprès des rapporteurs spéciaux et des commissaires de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) afin qu’ils prennent des mesures urgentes. Au moment de la publication de ce communiqué, certaines livraisons ont repris suite à la mobilisation de la société civile. Elles peuvent cependant être annulées à tout moment, comme cela s’est produit précédemment.

« Le gouvernement et le racisme poussent littéralement les Guarani et les Kaiowá et d’autres peuples autochtones à faire face à la faim et à vivre dans une situation d'insécurité alimentaire constante. Comment survivront-ils ? Quel type de protection auront-ils contre les crises externes comme le Coronavirus? C’est comme un lent génocide », conclut Felipe Bley-Folly, coordinateur de la justiciabilité et des peuples autochtones à FIAN International.

 

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Vous pouvez regarder les dirigeants Guarani et Kaiowá parler de leur situation