L'information supplémentaire sur le barrage Laxmanpur au Nepal

Les personnes cherchent un endroit sûr après les inondations causées par les barragess. Photo © FIAN Nepal

Le barrage de Laxmanpur et la digue Kalkalwa sont des barrières créées par les humaines qui obstruent le flot naturel du fleuve Rapti, entraînant ainsi le changement du cours de la rivière avec comme résultat l'inondation annuelle des six Comités de Développement de Villages (CDV) : Holiya, Betahani, Gangapur, Fatepur, Mataiya et Bankatti. Les terres agricoles ne sont pas seulement inondées mais également totalement érodées par le découpage intense du fleuve. Avec comme conséquences suivantes et de manière chronique : perte de vies (humaines et d'élevage), l'érosion des terres, des dégâts pour les habitations, propriétés, cultures et céréales récoltées.

La population se plaint du fait que le seul point de passage d'eau de la digue Kalkalwa ne soit pas opérationnel pendant la saison des pluies de manière suffisante et adéquate. La plupart des fermiers sont affectés par le déclin important de la fertilité du sol (du à l'engorgement des sols) et du manque de récoltes et de revenus qui en découle. Certains membres des communautés se voient forcés d'émigrer et trouver du travail manuel dans les villes indiennes afin de subvenir aux besoins de leurs familles restées à la maison.

En février 2012, le gouvernement indien avait annoncé un budget pour la construction d'une digue de 5 km d'un côté du fleuve Rapti à Holiya CDV, frontalier à l'Inde. Cette opération n'a néanmoins pas encore eu lieu. De plus, l'on craint qu'une telle construction d'un côté du fleuve n'encourage un découpage de l'autre côté. Selon le Bureau de prévention des désastres liés à l'eau de Nepalgunj (Banke), la seule solution durable serait une digue permanente des deux côtés du fleuve Rapti (couvrant une distance de 16 km du côté Nord et 12 km du côté Sud, pour une longueur totale de 28 km en territoire népalais).

La situation actuelle

Les habitants du village Tapri, ont pris abri quand le remblai temporaire a été emporté par les inondations en 2013

Malgré certaines interventions positives du gouvernement népalais (par exemple la distribution d'aide provisoire, la collecte de données sur les pertes et dégâts de propriété dans quatre des six CDV, la construction d'un pont pour permettre aux personnes d'atteindre de plus hautes terres en toute sécurité pendant les inondations, et une initiative visant à construire une berge afin de protéger les deux villages les plus menacés), la plupart des demandes des personnes affectées pour trouver une solution durable à long terme restent sans réponse. Au jour d'aujourd'hui, aucune évaluation de l'impact sur les droits de l'homme n'a été effectuée, étude qui permettrait d'établir l'impact du barrage sur le droit à une nourriture adéquate pour les communautés affectées afin d'adopter les mesures nécessaires (la collecte complète des données relatives aux pertes et dégâts, l'identification, la réinstallation et la réhabilitation des personnes déplacées, ainsi que la déclaration d'une " Zone spéciale " pour mettre en place des programmes spéciaux dans les régions affectées).

De récents développements menacent d'intensifier les inondations : le gouvernement indien est actuellement en train de construire une extension routière le long des régions frontalières, extension dont les fondations serviront de barrage, ainsi qu'un autre barrage destiné à rejoindre la digue Kalkalwa. Les locaux ont déjà exprimé leur crainte de voir ces structures affecter les CDV de Hirminiya, Piprahwa et Mastipur ainsi que Nepalgunj, le chef-lieu du district.

La région a encore été gravement touchée par les inondations les 13 et 14 août 2014. Quatre personnes sont mortes noyées dans les 6 CDV, et trois personnes sont encore portées disparues (Comité d'aide en cas de désastre du district, Banke, 2014). Une digue presque finie de 700m, une mesure importante de protection prise par le gouvernement népalais, a été complètement détruite.